Octobre 2012 – Littoral breton
En cette fin de journée automnale, le calme règne sur le schorre. Un léger vent marin fait frissonner l’immense étendue halophile qui se met à murmurer une douce complainte. Seuls les cris caractéristiques du pipit farlouse ponctuent régulièrement l’enivrante mélodie végétale. Soudain, une ombre glisse sans un bruit sur le tapis de verdure… Nous sommes sur le territoire de sa Majesté Brachyote, le hibou aux courtes oreilles.
Le crépuscule tombant lentement sur son territoire, sa Majesté prend son envol et effectue un vol rasant au-dessus des étendues de puccinellies maritimes.

Dans un silence étonnant, sa silhouette élancée glisse dans les airs. Le seigneur des marais traque le campagnol. Son vol souple et chaloupé est ponctué de battements d’ailes calmes lui permettant de contrôler sa trajectoire avec une précision redoutable.

L’oiseau étant rompu à cet exercice quotidien, il faudra seulement quelques dizaines de minutes à notre hôte pour parvenir à ses fins. Fier de son butin mais également certain de ne pas vouloir partager sa pitance avec les congénères partageant son dortoir, sa Majesté prend de l’altitude et s’en retourne à ses quartiers pour déguster sa proie.

Pouvant être confondu à grande distance avec le hibou moyen-duc, le brachyote s’en différencie en vol par un ventre plus pâle et sans stries, des ailes plus élancées aux pointes noires et une queue barrée de larges bandes noires.

Sa fâce pâle est également caractéristique avec ses yeux d’un jaune d’or ressortant magnifiquement sur son masque noir. Croiser son regard est vraiment magique et saisissant, un instant que je souhaite de vivre un jour à tout ornitho amateur, dans le respect et la retenue que l’on se doit envers sa Majesté bien entendu.



Laisser un commentaire