7 mai 2013, Los Angeles, Californie
C’est sous un ciel encore bien chargé que nous quittons les hauteurs de Silver Lake et nos adorables hôtes, Laurent, Tonie et le petit Nolan. Ces courtes retrouvailles familiales (Laurent est mon cousin) auront été un délice et c’est avec un douloureux pincement au cœur que nous nous retrouvons sur la Golden State Freeway, les bye bye de Tonie dans le rétroviseur.
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Comme pour apaiser cette difficile séparation, nous retrouvons ciel bleu et soleil une fois sortis de la mégalopole. Miles après miles, le trafic routier diminue et les habitations se font rares, laissant place aux arides collines de San Gabriel et Santa Susana dans les environs de Santa Clarita. Puis, le relief s’estompe à nouveau au profit d’immenses étendues de sable et de rocailles, ponctuées de broussailles et de quelques Yuccas. Nous pénétrons dans le désert de Mojave.

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Les paysages, bien que désertiques, sont très beaux. De temps à autre, au milieu de nulle part, nous apercevons au loin un ranch ou quelques mobil-homes d’un autre âge. Et là, impossible de ne pas se questionner sur le mode de vie des gens ayant posé leurs valises ici… A mi-chemin entre Mojave et Ridgecrest, nous traversons le Red Rock Canyon State Park qui laisse entrevoir de la route de magnifiques strates colorées usées par le temps et les éléments.

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Bientôt nous pénétrons dans la vallée d’Owens qui doit son nom à son malheureux lac. Il y a tout juste un siècle, le département de l’eau de la ville de Los Angeles achevait la construction d’un aqueduc de 350 km entre le lac Owens et la Cité des Anges, alors en pleine expansion. Cet immense lac de 30 km par 16 km et alimenté par la rivière éponyme fut alors tellement sollicité que quelques années plus tard seulement, il fut considéré comme quasiment asséché. L’interminable aqueduc servit alors essentiellement à capter les sources souterraines et un second aqueduc fut même construit. N’étant plus alimenté correctement d’aucune manière, le pauvre lac vit sa surface réduite à peau de chagrin, ce drame en entraînant par ailleurs un autre. Outre le bouleversement écologique que cela provoqua, des tempêtes de poussière toxiques composées d’arsenic, de cadmium ou encore de nickel furent libérées par l’assèchement du lac. Le Keeler Fog était né, entraînant la désertification massive de la zone et l’exode de ses habitants. La ville de Keeler comptait au dernier recensement 66 habitants contre près de 5000 au début du siècle! L’assèchement du lac Owens est aujourd’hui une des principales sources de pollution de l’air en Californie, et ceci en dépit des sommes astronomiques dépensées depuis les années 90 pour assainir la situation. En dépit de tous ses déboires, il reste cependant une zone ornithologique de première importance pour la Californie avec près de 241 espèces d’oiseaux recensées.

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Après une séance en cinémascope sur les longues lignes droites de la route 190, nous atteignons l’entrée Ouest du Death Valley National Park. Nous abandonnons pour quelques miles le tracé routier rectiligne devenu familier pour une suite de lacets nous amenant au Father Crowley Vista Point. Dans un paysage aux contrastes saisissants, façonné par les coulées de laves et les cendres volcaniques, apparaissent les Cottowood Mountains et le Rainbow Canyon.

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Un peu plus loin, dans la Panamint Valley, la route glisse à nouveau inlassablement dans l’immense étendue désertique. Dans le lointain, la Towne Pass nous attend du haut de ses 1511 m, ultime rempart avant l’accès au cœur du parc, la Vallée de la Mort.

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Sur l’autre versant de la Towne Pass, la route 190 file vers Stovepipe Wells Village, minuscule bourgade composée d’un hôtel, d’une station essence et d’un general store. C’est ici que nous posons nos valises pour les deux prochains jours. De l’hôtel, nous jouissons d’une magnifique vue sur les Mesquite Flat Sand Dunes. C’est là, au beau milieu de la vallée de la mort que se sont amoncelées au fil des siècles les particules de quartz et de Feldspath issues des Cottonwood Mountains environnantes.

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Les bagages posés, nous filons vers le Mosaic Canyon avant que le soleil ne soit trop bas et ne puisse plus illuminer l’étroit passage aux parois de marbre polies par les eaux. Nous suivons ainsi les méandres aux splendides motifs jusqu’à déboucher sur un lit bien plus ouvert aux parois rouge-orangé visitées par des martinets à gorge blanche (Aeronautes saxatalis).

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Mosaic Canyon et les Mesquite Flat Sand Dunes étant distants de moins de 5 miles, nous profitons de l’aubaine pour un coucher de soleil magnifique sur ce petit Sahara.

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La féérie de couleurs des derniers rayons du soleil rendent l’endroit absolument magique.

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Malgré un environnement des plus hostiles, mesquites et créosotiers ponctuent les petites dunes de sable fin.

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Le soleil disparaît bientôt derrière les Cottonwood Mountains entraînant avec lui les teintes dorées ayant embrasé la vallée. Au loin, les Grapevine Mountains étirent leurs ombres vers le désert d’Armagosa, les Mesquite Flat Sand Dunes s’endorment doucement…

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