8 mai 2013, Stovepipe Wells Village, Death Valley National Park, Californie

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Départ aux aurores pour Zabriskie Point. Stovepipe Wells Village dort encore profondément.

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Arrivée à Zabriskie Point sous un ciel nuageux. Si j’ai regretté un temps l’absence d’une superbe lumière matinale, je me dis, avec le recul, que cet endroit a quelque chose de surréaliste en toutes circonstances.

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Paysage de badlands issus de l’assèchement du Furnace Creek Lake il y a cinq millions d’années, façonné par les ruissellements immémoriaux, l’endroit dégage une aura incroyable.

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Zabriskie Point pour nous seuls ou presque, un régal. Nous en profiterons copieusement jusqu’à l’arrivée des premières hordes de touristes.

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Sur le chemin de Dante’s View, petit crochet par le Twenty Mule Team Canyon, sympathique petite boucle à sens unique entre les collines érodées, autrefois exploitées pour le borax. Ce borax était ensuite transporté sur des chariots tirés par 20 mules (en fait 18 mules et 2 chevaux) jusqu’à Mojave, à 275 km de là! Outre le borax, la région a également été explorée et exploitée pour ses nombreuses autres richesses minières comme le cuivre, le zinc, le plomb, le tungstène ou encore l’antimoine. Sur la Furnace Creek Road menant à Dante’s View, les vestiges de ces mines sont encore largement visibles.

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Les teintes majoritairement vertes, fruit de la décomposition du mica, se marient formidablement aux divers sels de fer, aux tons rouges à jaunâtres.

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Passée la Billie Mine, dernière mine de Borax à avoir été exploitée dans la vallée (jusqu’en 2005), la route se met à grimper méchamment vers Dante’s View, avec un finish à 15%. Et pour cause, nous sommes maintenant à 1669 m au-dessus du niveau de la mer… et donc environ autant au-dessus de la Vallée de la Mort en contrebas. Après quelques minutes de marche, panorama époustouflant sur Badwater, 85,5 m en dessous du niveau de la mer et point le plus bas d’Amérique du Nord.

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Nous pousserons notre ballade sur la ligne de crête, en direction l’Armagosa Range, seuls au monde. Le temps se dégage peu à peu et les nuages se déchirent avec élégance.

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En contrebas, dans la Vallée, le sel et la roche dessinent des motifs aussi complexes que mystérieux.

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Le long de la Badwater Road, les véhicules sont si petits que le téléobjectif est indispensable pour bien les discerner.

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Nous profiterons de la magie du lieu un long moment avec pour seule compagnie un bruant à gorge noire, quelques martinets à gorge blanche ainsi qu’un magnifique Uta stansburiana (side-blotched lizard) peu craintif.

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Nous quittons notre petit Uta et revenons sur nos pas, en direction Furnace Creek. Nous nous engageons sur la Badwater Road, celle-là même que nous avions observée si minuscule du haut de Dante’s View. Dans la descente, la température grimpe vite et nous prenons près de 22°C en 1600 mètres ! Il fait 35°C à l’ombre mais le problème c’est qu’il n y a pas d’ombre… On ne se plaindra pourtant pas en pensant aux 56,7°C de 1913, record à ce jour inégalé de par le monde. C’est que la vallée ne porte pas son nom pour rien! Et quand on sait que la température au sol y est 40% plus élevée que l’air ambiant, oui le sol peut dépasser les 90°C, attention les orteils !
Véritable bijou de Dame Nature, la zone regorge de curiosités géologiques. Le long de l’Artist’s Drive, l’Artist’s palette offre une explosion de couleurs issue de l’oxydation des métaux (jaune, orange, rouge) et de l’altération du mica (vert) et du manganèse (pourpre).

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La route à sens unique sinue joyeusement entre les tableaux de maître, toujours plus colorés.

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Un peu plus au Sud, une courte piste poussiéreuse nous amène jusqu’au Devil’s Golf Course. L’hyperbole est bien trouvée tant l’endroit est désolé. A perte de vue, des cristaux de halite (ou sel gemme) de teinte grisâtre, tranchants comme des rasoirs.

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Après un crochet par Natural Bridge, arche de pierre enjambant un canyon asséché, nous atteignons le mythique Badwater. Là encore du très beau…

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Si la croûte apparaît immaculée sur la zone foulée par les touristes du monde entier, ailleurs elle forme d’étranges dépressions aux tons plus chauds. Ces dépressions sont dues aux phénomènes de gel et dégel, combinés à l’évoporation du peu d’eau de pluie tombant les mois d’hiver.

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Depuis Badwater, le regard embrasse toute la Vallée avec la Panamint Range à gauche et l’armagosa Range à droite.

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Nous reprenons la Badwater Road, cap au Sud. Dans un payage aride au possible, un coyote erre sur l’asphalte brûlant. Il semble affamé ou assoiffé. Ralentissant pour le contourner, il restera un moment à tourner autour du véhicule jusqu’à ce que nous repartions. Bien que conscients qu’il s’agisse ici de son milieu naturel où il a certainement grandi et appris à vivre et survivre, nous ne pourrons nous empêcher de culpabiliser en le laissant là, seul, à errer dans l’étendue désertique…

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Devant nous, la Jubilee Pass Road s’étire avec ses paysages en cinémascope. Nous atteignons bientôt la frontière Sud-Est du parc avant d’entrer en Névada.

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Alors que l’on quitte le superbe parc national des images plein la tête, le ciel s’encombre de gros nuages d’orage. Tandis que nous franchissons la frontière du Névada et que les premières gouttes de pluie s’écrasent sur notre pare-brise poussiéreux, un arc-en-ciel illumine notre route vers Vegas, comme pour nous signifier la bienvenue…

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