28 mai 2013, Stillwater National Wildlife Refuge, Nevada

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Après une nuit copieusement arrosée, nous nous réveillons de bon matin sous un ciel encore bien chargé. Premier réflexe en mettant le pied dehors, vérifier si les pistes sont toujours praticables, nous sommes en effet à des miles et des miles du premier bout d’asphalte ! Soulagement, ça devrait passer sans trop de soucis, nous pouvons prendre notre petit dej’ sereinement en contemplant la Stillwater Range. Devant nous, un beau lièvre de Californie effectue des va-et-vient sans se soucier de notre présence.

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Dans la vallée parsemée de plans d’eau, les oiseaux sont encore très calmes ce matin et le silence est impressionnant. Alors que nous contemplons les montagnes baignées progressivement par le Soleil, un gravelot kildir passe au-dessus de nous et se met à piailler dans notre direction.

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Après avoir tournoyé à distance en vociférant de plus belle, il se pose à quelques mètres de nous puis feint une aile cassée pour nous attirer vers lui. Nul doute possible, son nid est à proximité directe de notre campement et notre présence l’enquiquine. Sans nous faire prier, nous quittons donc notre « wild hotel » pour explorer les zones humides alentours.

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Nous progressons lentement sur les pistes boueuses qui zigzaguent entre les pièces d’eau. Dans un silence de cathédrale, nous tombons nez-à-nez avec de superbes échasses d’Amérique très peu farouches, superbe…

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A quelques foulées de là, une sturnelle de l’Ouest joue les vigies sur un vieil arbuste desséché. Encore trempée des dernières pluies matinales, elle joue de ses beaux sifflements flûtés qui la rendent si sympathique. Attention cependant, le busard Saint-Martin rôde dans les parages !

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Sur le plan d’eau voisin, cormorans et hérons cohabitent avec les magnifiques avocettes d’Amérique. Au loin, pélicans, goélands et canards ponctuent les étendues lacustres à perte de vue. L’endroit est paisible au possible et c’est à contrecœur que nous reprenons la direction de Fallon après quelques heures d’observation magiques. Pas le choix cependant, nous devons être en Californie d’ici ce soir. Certes, le plus gros a été fait la veille mais il nous reste encore près de 200 miles à parcourir avant d’atteindre notre point de chute de ce soir, Lee Vining.

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Comme à mon habitude désormais, je prends le parti de faire quelques miles supplémentaires pour passer par Yerington en longeant la East Walker River et les Sweetwater Mountains. Bien m’en prit, les paysages sont une nouvelle fois superbes et le trafic quasi inexistant. Dans ces conditions, avaler les kilomètres devient un pur bonheur !

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Alors que nous roulons le long des étendues désertiques du Nevada, la route quitte bientôt l’aride vallée et s’engouffre entre les collines. Comme une évidence, la signalétique nous informe de notre arrivée en Californie. Les paysages se font plus verts, la Sierra Nevada apparaît au loin, magnifique, et les eaux scintillantes du Bridgeport Reservoir nous accueillent après cette petite traversée du désert. Sur le plan d’eau, quelques pélicans cohabitent avec des harles bièvres, des cormorans à aigrettes, des grèbes élégants et à bec bigarré.

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Au-dessus de tout ce petit monde, les urubus à tête rouge planent à merveille en profitant des courants ascendants. Pour notre plus grand bonheur, ils nous accompagneront un moment en direction du Sud.

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Alors que nous arrivons à Bridgeport, nous ne résistons pas à la tentation de faire un crochet par la mythique Bodie, ville fantôme authentique du grand Ouest américain. Une fois n’est pas coutume, je vais me permettre une digression urbaine, du moins si l’on peut l’appeler ainsi tant le lieu est inclassable. Un énorme coup de cœur que je voulais partager avec vous, des émotions si profondes en déambulant entre ces vieilles bâtisses tordues, malmenées par les ans et les éléments.
Suite à un terrible incendie en 1932 qui en ravagea une grande partie, Bodie a été laissée en l’état lors de son abandon progressif. A l’époque de la ruée vers l’or, elle fut pourtant l’une des plus grandes villes de Californie. Flanquée dans une rude vallée à 2600 m d’altitude, elle possède un charme fou qui ne peut laisser indifférent. Ici, le temps semble s’être suspendu, l’intérieur des vieilles bicoques de mineurs, du saloon et des autres commerces n’a pas bougé d’un iota, comme si toute vie avait été stoppée net, sans crier gare. On se plaît alors à remonter le temps dans ce décor sublime ampli de souvenirs de toutes sortes…
Pour ceux d’entre vous que cette visite intéresse, vous pouvez cliquer sur une des images de la galerie pour lancer le diaporama et les voir en grand, pour les autres vous pouvez passer votre chemin bien entendu !




















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De retour en douceur au XXIème siècle, nous reprenons la longue piste caillouteuse jusqu’à l’US 395. La journée touche déjà à sa fin lorsque nous descendons vers le lac Mono. En chemin, magnifique panorama sur ce royaume de sel peuplé d’artémies, festin de luxe pour nombre d’oiseaux migrateurs.

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Arrivés sur les rives du fameux lac, nous ferons la rencontre d’hirondelles à face blanche, aussi mignonnes que peu farouches. Colonisant les tufas, ces concrétions d’argile caractéristiques, elles trouvent ici un endroit idéal pour nicher et nourrir leur progéniture.

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Alors que les derniers rayons du Soleil disparaissent derrière les monts enneigés de la Sierra Nevada, les silhouettes des tufas s’étirent sur les eaux jusqu’à s’y perdre progressivement. Le silence gagne le lac et le temps se suspend quelques instants. Devant nos yeux perdus dans le bleu profond du lac, les merveilles de la journée défilent en boucle, Stillwater, l’impressionnant canyon de Wilson, les étendues désertiques jouxtant les Sweetwater Mountains, Bridgeport Reservoir et la mélancolique Bodie… Aujourd’hui encore, l’Ouest américain nous a conquis, et peut-être plus encore…

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