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GARROT D’ISLANDE
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Canard plongeur à la bouille sympathique, le garrot d’Islande est l’une des stars incontestées du monde ornitho islandais. De taille moyenne, il ressemble beaucoup à son cousin, le garrot à œil d’or (Bucephala clangula) mais s’en distingue par sa tête plus longue et plus arrondie et un front plus haut. Les mâles adultes possèdent une tête aux reflets généralement mauves agrémentée d’un large croissant blanc s’étendant au-dessus de l’œil. Chez le garrot à œil d’or, la tache blanche est plus arrondie et reste en dessous de l’œil, de même les reflets de la tête sont moins prononcés et tirant généralement plus sur le vert que le mauve (cela dépend toutefois de la lumière et de l’angle d’observation). Dernier détail caractéristique, la série de taches blanches à l’épaule qui ressort magnifiquement sur le manteau noir.

La femelle quant à elle ressemble fortement à sa cousine à œil d’or. On notera cependant la forme de la tête moins conique et, en période nuptiale, le jaune-orangé au bec plus étendu (les individus nord-américains ont le bec totalement orangé à l’exception de l’onglet qui reste noir).

En période nuptiale, le garrot d’Islande fréquente les lacs et rivières aux eaux calmes où il plonge pour attraper insectes aquatiques, mollusques et crustacés. Fait étonnant, ce canard niche généralement dans les arbres, dans des cavités ou d’anciennes loges de pics. En Islande, les arbres étant peu nombreux (cf. flore) et les pics encore moins (aucune espèce de pic n’est présente en Islande), il niche dans les anfractuosités des champs de lave et des rochers du lac Mývatn ou dans la végétation basse. Quand je dis il, je devrais pourtant dire elle, la femelle nichant et couvant seule sa dizaine d’œufs. Pendant ce temps, le mâle part entamer sa mue qui le clouera sur l’eau un bon mois.

Contrairement à ce que son nom laisse penser, le garrot d’Islande n’est probablement pas originaire d’Islande mais d’Amérique du Nord. La population insulaire qui s’est établie au pays des glaces fut cependant découverte avant la population nord-américaine. On doit cette découverte à l’explorateur Sir John Barrow au début du XIXe siècle (1834?). Ceci explique pourquoi ce charmant canard se nomme Barrow’s goldeneye dans la langue de Shakespeare.

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GERÐUBERG
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Dominant fièrement l’extrémité Ouest de la vallée de Hnappadalur, les orgues basaltiques de Gerðuberg surplombent tel un rempart naturel, un paysage inquiétant et fascinant.

Formé par la solidification puis la contraction thermique d’une coulée basaltique, ce mur de dolérite semblerait pourtant sculpté de la pogne de quelques trolls, visiteurs chimériques de ces landes inhospitalières…

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GEYSIR
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Étant à l’origine du terme geyser (gjósa signifiant jaillir), il est en quelque sorte le père de tous les geysers :). Jeune père cependant puisqu’il aurait à peine 10000 ans. Ces dernières décennies, l’activité du grand monsieur a cependant faibli et hormis une éruption exceptionnelle en juin 2000 suite à un séisme, il ne jaillit depuis lors que de façon très aléatoire et à seulement 10 à 25 m, une paille quand on songe aux 170 m de ses grands jours ! La dernière éruption rapportée aurait eu lieu le 20 février 2016…

Fort heureusement pour le golden circle, cette zone ultra-touristique dont fait partie le site, son voisin le Strokkur assure toujours le spectacle. Moins grincheux que son maître, il éructe toutes les 5 à 10 minutes un panache de vapeur à une hauteur de 10 à 30 m selon son humeur. Seul le Old Faithful de Yellowstone aux USA rivalise encore avec le métronome Strokkur.

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GLACIER
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Avec 1/9e de sa surface couverte par les glaciers, l’Islande est assurément un pays de glace. Ainsi, ce ne sont pas moins de 11400 km2 qui sont disséminés sur l’ensemble de l’île, à l’exception de la partie septentrionale et du Sud-Ouest. La majorité des grands glaciers islandais se trouvent cependant dans les hautes terres du milieu et au sud du pays. Spécificité islandaise, nombre d’entre eux coiffent des volcans dont les explosions les métamorphosent radicalement. Les débâcles glaciaires qui s’en suivent peuvent alors être catastrophiques avec des crues monumentales qui dévastent tout sur leur passage, les fameux jökulhlaups.

Formés par l’accumulation successive de grandes quantités de neige se transformant progressivement en glace par tassement, les glaciers forment alors d’immenses masses compactes qui peuvent glisser sous l’effet de leur propre poids. Lorsque la hausse des températures entraîne la fonte des glaces, l’épaisseur du glacier diminue et on observe un recul glaciaire laissant place à de vastes étendues austères, les délaissées glacières appelées aussi glariers.

Ici comme ailleurs malheureusement, les glaciers souffrent terriblement du réchauffement climatique. On estime à 0,2% la perte de superficie annuelle des glaciers islandais, soit 20 à 30 km2 par an en moyenne. Le petit glacier Okjökull, surplombant le volcan Ok, a d’ailleurs très récemment disparu… A ce rythme, les glaciers islandais auront totalement disparu dans moins de 500 ans et le pays des glace n’aura alors de glace que son nom…

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GLAUMBÆR
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Flanqué dans une vaste plaine verdoyante, Glaumbær tient sa renommée de la ferme éponyme. Bâti il y a plus de deux siècles, il s’agit d’un ensemble de fermes traditionnelles faites de bois et de tourbe et reliées entre elles par un long couloir central. A demi-enterré pour se protéger de la rudesse du climat et recouvert d’un épais gazon assurant son étanchéité, l’ensemble possède un charme indéniable. Aujourd’hui transformée en ferme-musée, il est possible d’en visiter l’intérieur pour se rendre compte de la rudesse des conditions de vie de l’époque. A noter que selon la légende, c’est aussi à Glaumbær qu’aurait vécu Snorri Thorfinnsson, le premier homme blanc né sur le continent américain autour de l’an 1000. Il serait venu vivre ici avec ses parents alors qu’il n’avait que trois ans.

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GOÉLAND BOURGMESTRE
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Grand laridé inféodé aux régions arctiques, il est le seul goéland à primaires blanchâtres avec le goéland à ailes blanches (Larus glaucoides). De taille semblable au goéland argenté (Larus argentatus), il s’en distingue notamment par ses ailes uniformément gris clair à l’âge adulte (l’argenté a le bout des ailes noires). Ses pattes sont également plus grandes mais également de couleur chair. Son cercle orbitaire est jaune-orangé à l’âge adulte (contrairement à celui du goéland à ailes blanches qui est rougeâtre) et son bec est fort et jaune avec une tache rouge sur la mandibule inférieure. Sa tête et sa queue sont également entièrement blanches.

En Islande, le goéland bourgmestre niche exclusivement dans les fjords de l’Ouest et la péninsule de Snæfellsnes qui constituent la limite méridionale de son aire de reproduction en Europe. Oiseau côtier, on l’y retrouve dans les fjords et les ports de pêche. Opportuniste, son régime alimentaire est très varié allant des poissons aux carcasses et excréments de mammifères marins en passant par les œufs et poussins d’autres espèces. Il parasite également les autres oiseaux marins qui partagent son environnement.

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GRÁBRÓK
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Complexe de trois cratères explosifs situé à l’entrée de la péninsule de Snaefellsnes, Grábrók fait partie du système volcanique fissural de Ljósufjöll. Ce système volcanique de 90 km de long court des champs de lave de Berserkjahraun sur le Nord de la péninsule (entre Stykkishólmur et Grundarfjörður) au complexe de Grábrók. Le complexe aurait été créé il y a près de 3400 ans et sa dernière éruption remonterait au XIIe siècle. Les trois cratères qui le composent sont le Storu-Grábrók (le grand Grábrók), le Grábrókarfell et le Litlu-Grabrok (le petit Grábrók). Par abus de langage, Grábrók désigne souvent le plus grand d’entre eux, le Storu-Grábrók, haut de 170 m et dont on peut faire l’ascension pour profiter d’un panorama grandiose sur le site et les environs.

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GRAENVATN
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Joli lac de cratère situé dans la péninsule de Reykjanes, au beau milieu des immenses champs de lave recouverts de mousse et à deux pas du champ géothermique de Seltún. Son nom signifie littéralement le lac vert (graent-vatn), en référence bien évidemment à ses eaux colorées par des micro-algues vertes photosynthétiques. Sous un ciel si bas qu’on pourrait presque le toucher, les montagnes soufrées et les champs de lave en toile de fond, ce petit lac apparaît tel un joyau sublimant ce paysage un tantinet austère…

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GRINDAVÍK
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Petit port de pêche situé sur la côte Sud de la péninsule de Reykjanes, Grindavík et ses environs seront sans doute votre première rencontre avec l’Islande si vous arrivez par avion.

Enchassé dans un paysage hostile et austère, entouré par les champs de lave à perte de vue et tourné vers une mer souvent déchaînée, l’endroit dégage des effluves de douce brutalité qui siéent si bien à ce magnifique pays. Cerise sur le gâteau, Grindavík et ses environs accueillent de belles colonies de sternes arctiques qui animent les beaux jours venus vieux entrepôts et jardins fleuris.

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GRIVE MAUVIS
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Turdidé de taille semblable à la grive musicienne (Turdus philomelos), elle s’en différencie notamment par son très large sourcil blanc et ses magnifiques flancs couleur rouille (le dessous des ailes est également rouille alors qu’il est chamois chez la musicienne). Hivernante commune par chez nous, la grive mauvis est nicheuse en Islande. Certains individus hivernent en Europe de l’Ouest tandis que d’autres restent en Islande à l’année. A noter qu’il existe deux sous-espèces de grive mauvis, Turdus iliacus iliacus, la plus commune en France, niche de la Scandinavie à l’extrême-Orient russe. La sous-espèce présente en Islande ainsi qu’aux îles Féroé est Turdus iliacus coburni. Bien moins courante en métropole que sa comparse, elle s’en différencie généralement par un dos plus brun et une poitrine plus sombre avec des stries plus prononcées.

En Islande, la saison de reproduction de la grive mauvis commence généralement en mai. Comme pour les autres turdidés de taille moyenne à grande, le nid est constitué de débris végétaux amalgamés avec de la boue séchée. Il est positionné directement au sol ou à faible hauteur dans un buisson ou un arbre. La femelle y dépose 4 à 6 œufs qui seront généralement incubés par elle seule pendant deux semaines environ. Les poussins, nourris par le mâle et la femelle, quitteront le nid au bout d’une quinzaine de jours seulement mais resteront dépendants du mâle deux semaines de plus. Pendant ce laps de temps, la femelle entamera bien souvent une seconde couvée.

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GRJÓTAGJÁ
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A deux pas du lac Mývatn, la Grjótagjá est une grotte naturelle creusée par la lave à travers la roche volcanique. Elle est située à l’intérieur même de la faille tectonique séparant les plaques eurasienne et nord-américaine. Caché sous un bourrelet de roche semblant avoir éclaté sous la pression, la grotte est remplie d’une eau vaporeuse bleu turquoise. Depuis les dernières éruptions du système volcanique de Krafla ayant eu lieu entre 1975 et 1984, l’eau de la grotte a vu sa température monter pour évoluer aujourd’hui entre 43°C et 48°C. Ça commence à faire un peu chaud pour la baignade :).

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GRUNDARFJÖRÐUR
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Petit port de pêche de la péninsule de Snæfellsnes, il est surtout connu pour ses paysages de toute beauté. Blotti au pied des monts enneigés du Helgrindur, il fut le bastion de quelques pêcheurs et négociants français au tout début du XIXe siècle. Ils y construisirent un hôpital et une église autour desquels le petit village se développa. A la sortie Ouest du village, le magnifique pic de Kirkjufell semble flotter sur les eaux impassibles d’un petit bras du Breiðafjörður portant le même nom que la ville.

Pour les stressés du moment, un petit bout de route en direction de Grundarfjöður devrait vous détendre ;).
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GUILLEMOTS
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L’Islande est, avec la Norvège, le seul pays d’Europe où les trois espèces de guillemots du paléarctique occidental peuvent être observées. Je parle bien sûr du guillemot du Troïl (Uria aalge), du guillemot à miroir (Cepphus grylle) et du plus rare guillemot de Brünnich (Uria lomvia), ce dernier étant inféodé au milieu arctique. Avec un littoral propice à la nidification et des eaux poissonneuses à souhait, ces trois espèces sont d’ailleurs nicheuses en Islande.

Le guillemot de Troïl est de loin le plus courant. Plus grand alcidé de nos contrées (très proche en taille du guillemot de Brünnich cependant), c’est un oiseau pélagique élégant. Reconnaissable à son plumage brunâtre sur le dessus (tête, dos, ailes et queue) et blanc sur le dessous, il ne peut guère être confondu qu’avec le guillemot de Brünnich, voire le pingouin torda à grande distance. Son bec est cependant bien plus fin que ce dernier. A noter qu’il existe également une forme dite bridée présentant un motif faisant penser à une paire de lunettes rondes et blanches autour des yeux.
Un bridé se cache dans la bande, saurez-vous le retrouver ? Un indice, c’est un chenapan 😉
Comme ses congénères, le guillemot de Troïl se nourrit quasi-exclusivement de poissons qu’il pêche en plongeant, parfois profondément sous la surface. Contrairement au pingouin torda ou au macareux moine, son bec fin ne lui permet pas de rapporter plus d’un poisson à la fois. Oiseau pélagique, il revient à terre uniquement pour nicher. Il affectionne alors les corniches des falaises sur lesquelles il peut former d’immenses colonies.

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Semblable en de nombreux points au guillemot de Troïl, le guillemot de Brünnich s’en distingue par un plumage plus noir, un bec plus court et plus épais et surtout un net trait blanc qui court sur le bord supérieur de la commissure du bec. Il niche également sur les falaises mais affectionne plus souvent les corniches très étroites. Les guillemots de Brünnich comme les guillemots de Troïl pondent un unique œuf, conique afin de ne pas rouler et chuter des étroites corniches servant à la nidification. La couvaison dure environ un mois pour les deux espèces. Passé ce délai, tandis que les poussins de guillemots de Troïl resteront se faire dorloter par les parents 7 à 10 semaines durant, les petits de Brünnich seront quant à eux élevés à la dure, c’est peu de le dire ! Au bout de trois semaines environ, le jeune quittera sa corniche même s’il n’est pas encore apte à voler ! Battant des ailes pour amortir la chute, il se retrouvera plongé dans le grand bain et entamera alors une longue migration à la nage, accompagné par son père ! Étant seulement capable de voler vers six semaines, le périple du petit nageur pourra ainsi durer près de 1000 km ! Un véritable exploit que le guillemot de Brünnich est le seul oiseau à relever à un si jeune âge !

Nettement plus petit que ses deux cousins, le guillemot à miroir à des mœurs également sensiblement différentes. Contrairement aux autres alcidés qui affectionnent les grands colonies, il se reproduit plutôt en couples isolés ou en petites colonies de quelques dizaines d’individus. De même, il préfère les éboulis rocheux à la base des falaises que les hautes corniches. Entièrement noir à l’exception d’un large miroir blanc sur les ailes, l’adulte nuptial ne peut guère être confondu en Europe (il ressemble cependant beaucoup au guillemot colombin qui vit dans le Pacifique Nord). En internuptial, le plumage se fait bien plus clair, rayé de blanc et de noir sur le dessus et intégralement blanc sur le dessous. Les juvéniles ont un plumage assez proche de l’adulte internuptial mais s’en distinguent par leurs plages alaires blanches marquées de sombre. Les guillemots à miroir sont également d’excellents plongeurs qui se nourrissent de poissons mais aussi de crustacés pour les plus nordiques.

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GULLFOSS
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Double cascade de 70 mètres de large pour 32 mètres de hauteur, Gullfoss est située non loin de Geysir et fait aussi partie du golden circle. Son nom signifie cascade d’or en référence à l’arc-en-ciel qui la surplombe par beau temps. Se terminant par un étroit canyon de 2,5 km de long, elle présente un débit impressionnant, créant un vacarme assourdissant dans l’étroit goulet taillé à même la roche volcanique.

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Merci à tous pour votre patience et à bientôt pour la lettre H ;).




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