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LABBES
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Pirates des mers ou bandits des toundras, les labbes traînent de longue date une fâcheuse réputation dans leur sillage. Leur autre dénomination, stercoraires, en dit d’ailleurs long sur le sujet. Adjectif relatif aux excréments, ils se retrouvèrent affublés de ce sobriquet peu élogieux car on pensait jadis qu’ils ingurgitaient les déjections des laridés qu’ils houspillaient… En réalité, ces kleptoparasites de haut vol harcèlent les autres lariformes pour leur faire régurgiter leur pêche en plein ciel ! A leur décharge, leur morphologie est généralement un peu plus adaptée à la piraterie qu’à la pêche, avec notamment des ongles fortement arqués et un bec crochu.
Parmi les quatre espèces peuplant l’hémisphère Nord, deux d’entre elles sont nicheuses en Islande, le labbe parasite (Stercorarius parasiticus) et le grand labbe (Stercorarius skua). De la taille d’une mouette tridactyle mais avec des ailes plus longues et pointues, le labbe parasite fait penser à un laridé sombre au vol rapide et puissant, un peu à la manière d’un faucon. Tous les individus possèdent une tache basale pâle à la main et un bec assez fin plutôt sombre à pointe noire. Chez les adultes, une pointe caudale caractéristique facilite l’identification. Elle est généralement bien plus courte que celle du labbe à longue queue (Stercorarius longicaudus) et plus fuselé que celle du labbe pomarin (Stercorarius pomarinus).

Comme chez les labbes pomarins et à longue queue, il existe une grande variabilité dans les plumages avec notamment la présence de deux grandes phases, une sombre et une claire mais avec des intermédiaires qui ne facilitent pas les identifications. Les couples sont généralement constitués d’un individu de chaque phase.

Les individus de phase claire possèdent un capuchon noir, une face jaune pâle, le tour du bec nettement pâle et un dessous presque entièrement blanchâtre.

Les individus de phase sombre sont plus difficiles à différencier du rare pomarin sombre (10% des individus seulement) mais s’en distingue par la taille, la silhouette générale, la couleur plus brun roussâtre et surtout la forme de la queue, pointue et non en cuillère. La nuque reste généralement un peu plus pâle que le reste et le bec plus uniformément sombre.

Nicheur en Islande, le labbe parasite élabore une cuvette garnie de mousse et de lichen qu’il défendra farouchement tout au long de la reproduction et ce, quel que soit le prédateur (attention à vos têtes !). Les œufs au nombre de 1 à 3 seront successivement couvés par le mâle et la femelle pendant un moins puis le couple élèvera en commun les petits pendant deux mois supplémentaires environ.
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Comme son nom l’indique, le grand labbe est un oiseau de grande taille, proche de celle du goéland argenté. Contrairement à ses congénères, il possède une silhouette massive et plutôt lourde ainsi qu’une queue courte. Sa tête et son cou sont forts, le bec est également très puissant. D’allure générale sombre, il présente des marques blanches prononcées sur le dessus et le dessous des ailes en tout plumage. Les adultes ont un plumage jaune brunâtre grossièrement rayé sur la nuque, le cou et le dessus du corps.

Oiseau pélagique en dehors de la période de reproduction, il colonise la côte islandaise les beaux jours venus (Sud et Est essentiellement). A l’instar du labbe parasite, le nid est une simple dépression dans le sol qui sera recouverte d’herbes et de divers matériaux par les deux adultes qui restent généralement en couple pour la vie. La nichée est généralement composée de deux œufs qui seront incubés pendant un mois environ. Les poussins resteront à proximité du nid pendant un mois et demi supplémentaire, le temps d’obtenir leur plumage et de savoir voler. A noter qu’ils atteindront leur maturité sexuelle très tardivement, à l’âge de 7 ou 8 ans seulement.
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LÁGHEIÐI
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Voir à Tröllaskagi.
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LAGOPEDE ALPIN
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Unique représentant de la famille des tétraoninés sur l’île, le lagopède alpin (Lagopus muta) est un oiseau inféodé aux milieux arides qu’on retrouve dans la toundra islandaise, sur des terrains rocailleux à végétation rare. Appelé également perdrix des neiges, il possède un corps trapu, une queue courte et des orteils emplumés lui évitant de s’enfoncer dans la neige. En hiver, mâles et femelles se parent d’un plumage intégralement blanc à l’exception des lores et de l’extrémité de la queue (certaines femelles ont des lores blancs comme les femelles de lagopède des saules (Lagopus lagopus)), plumage qui leur permettra un mimétisme quasi-parfait dans les paysages enneigés. Le printemps venu, les adultes changent de camouflage et présentent sur le haut du corps un gris-brun tirant sur le chamois et marqué de noir parsemé de liserés blancs. Les mâles adultes possèdent de larges caroncules rouges proéminents qu’ils dilateront lors de leurs impressionnantes parades nuptiales. Les femelles arborent quant à elle un plumage plus jaunâtre au motif plus grossier qui s’avérera un formidable camouflage en période de nidification.

Chez les lagopèdes, la femelle s’occupe seule de la construction du nid (une simple dépression à l’abri d’un buisson ou d’un rocher et recouverte de plumes et de débris végétaux) et de l’incubation des 7 à 10 œufs qu’elle pondra en juin. Les petits sont nidifuges. Extrêmement précoces, ils sont généralement en mesure de voler et de se nourrir seuls au bout de dix jours et seront totalement indépendants à trois mois. Cette précocité est vitale pour pouvoir espérer échapper aux labbes parasites, goélands bourgmestres et autres renards arctiques.

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LANDMANNALAUGAR
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Voir aussi à Frostastaðavatn.
Incroyable condensé des merveilles qui façonnent les terres islandaises, Landmannalaugar fascine, sidère, stupéfie. Imaginez la scène. Vous roulez depuis des kilomètres et des kilomètres sur une piste défoncée, fendant d’interminables champs de lave où la vie semble avoir oublié de germer. Les kilomètres s’égrènent, la poussière s’accumule sur le pare-brise, vous roulez désormais sur une planète que vous ne reconnaissez plus. Froide, austère, désolée mais pourtant si belle et attirante. La piste sinue désormais entre piscines de sable noir et d’immenses rochers aux formes inquiétantes. Au loin, de vagues silhouettes torturées s’élèvent au-dessus du désert basaltique. La scénographie se poursuit inlassablement jusqu’au détour d’un virage où les premiers cônes volcaniques drapés de mousses fluorescentes apparaissent. Une oasis minéro-végétale envahit progressivement cette noirceur post-sismique. Glissant entre les cratères à demi-endormis, la piste si noire se pare progressivement de rouge à hauteur du sublime lac Frostastaðavatn. Le blanc immaculé de la neige peine à camoufler la noirceur des bas-côtés et laisse désormais entrevoir l’explosion de couleurs qui se profile au sommet des montagnes de rhyolite désormais toute proches. Rouge, jaune, bleu, vert intense, tout y passe… Subjugués par le spectacle, vous poursuivez ce rêve éveillé entre volcans et coulées de lave pour déboucher enfin sur les rives du Námskvísl, hydre aquifère impétueux et impitoyable… La force et la beauté des éléments vous emportent dans les eaux glacées, par-delà les monts rougeoyants et les vallons verdoyants. Vous vous sentez petits, si petits, spectateur égaré des premiers instants, à la genèse de ce monde fantastique que nous nous entêtons à détruire…

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LÁTRABJARG
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Paradis des ornithos par excellence, Látrabjarg est également un endroit de toute beauté où il fait bon flâner au sommet des immenses falaises. Atteignant 440 mètres d’altitude par endroits, elles représentent un formidable site de reproduction pour des millions d’oiseaux marins. On pourra notamment citer le très célèbre macareux moine (plus grande colonie au monde !), le tout aussi charmant pingouin torda (40% de la population mondiale s’y reproduit !), le fulmar boréal, la mouette tridactyle mais aussi les guillemots de Troïl et de Brünnich ou encore le fou de Bassan. Tout ce petit monde confère à l’endroit une ambiance magique, d’autant plus que les oiseaux y sont très peu farouches (macareux et pingouins en particulier).

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LEIRHNJÚKUR
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Situé au-Nord-Est du lac Mývatn, le Leirhnjúkur est un volcan actif appartenant au système volcanique de Krafla. Après 248 ans de sommeil, le Leirhnjúkur se réveilla entre 1975 et 1984 où de violentes éruptions volcaniques provoquèrent des coulées de lave dantesques qui façonnèrent pour les décennies à venir un paysage lunaire au possible. Sur près de 36 km2, la lave encore fumante par endroit s’étend pour atteindre jusqu’à 8 m de hauteur… Solfatares et mares de boue bouillonnantes ne sont jamais bien loin et nous rappellent sans cesse la présence de la chambre magmatique du Krafla toute proche, à seulement 2,5 km sous nos pieds…

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LITLANESFOSS
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« Petite cascade » entourée de magnifiques orgues basaltiques, Litlanesfoss est surplombée par l’impressionnante Hengifoss. Sa hauteur totale atteint près de 35 mètres en deux bonds (7 m et 28 m). On y accède par le même chemin que sa grande sœur, depuis la vallée de la Fljótsdalur où s’étend le grand lac Lagarfljót (53 km2), dans l’Est de l’Islande.

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LJÓTIPOLLUR
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Joyau d’un bleu profond serti dans un écrin de lave rougeoyante, on a un peu de mal à comprendre que Ljótipollur signifie mare de boue laide en Islandais… Situé aux portes du Landmannalaugar, ce petit lac n’a de mare que la consonance du maar, ce magnifique cratère volcanique qu’il occupe maintenant depuis plus d’un demi-millénaire. A noter qu’il est alimenté par des eaux souterraines et que la truite peut y être pêchée comme au sublime Frostastaðavatn tout proche.

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LUPIN BLEU d’ALASKA
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Voir aussi à Dalvik.
Difficile de résister aux charmes de cette magnifique fleur bleue qui égaye les paysages les plus austères et devient au fil des kilomètres l’un de nos plus fidèles compagnons de route. Et pourtant, comme son nom l’indique, le lupin bleu d’Alaska (Lupinus nootkatensis) n’est pas une plante endémique à l’Islande. Originaire de la côte Ouest nord-américaine (Îles aléoutiennes, Alaska, Colombie britannique), il a été introduit volontairement sur l’île à partir de 1945 pour lutter contre l’érosion et la stérilité des sols. Légumineuse s’acclimatant bien aux climats frais et humides, le lupin bleu s’épanouit à merveille sur les sols islandais. Et peut-être un peu trop d’ailleurs… Ayant la capacité à fixer l’azote dans le sol et à en extraire le phosophore, il agit en quelque sorte comme un fertilisant. Cependant, sa croissance extrêmement rapide lui permet de coloniser à un rythme effréné de très grandes surfaces, laissant alors peu de place aux plantes endémiques et devenant difficile à contenir sur un territoire délimité. Une fois les sols fertilisés, le lupin devraient pourtant se retirer progressivement des sols ressuscités mais il est encore difficile de savoir combien de temps prendra cette dégénérescence car fonction de très nombreux facteurs…

A la prochaine pour la lettre M ;).


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