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MACAREUX MOINE
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Emblème incontesté de la magie ornitho islandaise, beaucoup font le déplacement pour lui seul ou presque.
Flanqué comme des milliers de ses congénères sur les immenses falaises qu’ils colonisent à la belle saison, le clown de mer assure le spectacle. De son pas mal assuré, il déambule sur les parois rocheuses et les pentes verdoyantes où il creuse son terrier-nid. Très peu farouche, il se laisse observer sans ciller, gratifiant ses visiteurs d’exquises mimiques, sautillant ici et là, bâillant, hochant la tête, nettoyant son plumage de son magnifique bec coloré.
Son air pataud qui le rend si attachant nous rappelle également que la mer est son élément, la terre ferme beaucoup moins. D’ailleurs, il n’y vient que contraint et forcé, à la belle saison, pour se reproduire et élever son unique petit de l’année. Le reste du temps, il sillonne les mers, de préférence profondes et glacées.
Sous son air débonnaire se cache aussi un redoutable pêcheur, petite bombe sous-marine fondant sur ses proies d’un battement d’ailes, les ingurgitant dans la foulée ou les stockant entre la langue et la mandibule supérieure telle une brochette pour sa progéniture.
Comme souvent pour les oiseaux marins, les falaises de Látrabjarg sont le spot idéal pour l’observer. Bien entendu, l’Islande accueillant plus de la moitié de la population nicheuse mondiale de macareux moines (3 à 4 millions de couples tout de même !), il existe bien d’autres endroits où vous pourrez profiter de ce magnifique oiseau. On pourra notamment citer les îles Vestmann, le superbe Hornstrandir, les îlots du Breiðafjörður, les îles homonymes de Grímsey (voir à Drangsnes) ou encore les falaises de Vik et la Puffin Island, à quelques encablures de la capitale, Reykjavik.
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Pour voir leur magnifique bouille en plus grand, cliquer sur les photos ;).
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MACREUSE NOIRE
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Des cinq espèces de macreuses existantes et observées en Islande, la macreuse noire (Melanitta nigra) est la plus petite et la seule nicheuse sur l’île, les autres espèces (macreuse brune (Melanitta fusca), macreuse à front blanc (Melanitta perspicillata), macreuse à ailes blanches (Melanitta deglandi) et macreuse à bec jaune (Melanitta americana)) étant seulement rares et très occasionnelles (à noter que les macreuses à ailes blanches et à bec jaune n’ont été observées qu’une seule fois chacune !).
Canard plongeur de taille moyenne, on peut l’observer à la belle saison sur les lacs et les mares des toundras islandaises où elle se reproduit. Le reste de l’année, elle quitte l’intérieur des terres pour migrer des eaux peu profondes de la mer Baltique aux côtes nord-africaines. Grégaire, on peut alors l’observer à quelques centaines de mètres du rivage, pêcher de concert mollusques et crustacés avec ses congénères.
Avec son plumage uniformément noir à l’exception d’un peu de jaune sur le bec, le mâle porte bien son nom et ne peut être confondu, du moins de près. De loin, on notera la queue plutôt longue et pointue qu’il dresse souvent au repos ainsi que le bec court arborant toujours un tubercule basal caractéristique. La femelle en revanche ne possède pas ce tubercule et présente un plumage beaucoup plus terne, tirant sur le brun sale. Sa tête contrastée avec ses joues claires et sa calotte brun foncé rend cependant aisée son identification.

La belle saison venue, mâles et femelles s’éparpillent par couple et migrent isolément vers les sites de reproduction. Le nid, creusé à même le sol et recouvert de brindilles, duvet, mousse ou lichen, est camouflé dans la végétation. La femelle y déposera 6 à 8 œufs qu’elle incubera seule pendant un mois environ. Les poussins sont nidifuges et gagneront, au bout de quelques heures seulement, le plan d’eau tout proche pour se nourrir seuls ! Au bout d’un mois et demi passés sur l’eau, ils seront en mesure de voler et entameront alors avec leur mère leur première migration.
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MOSFELLSKIRKJA
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Voir aussi à Églises. La précision est de rigueur en Islande. Sous ce sobriquet se cachent (au moins) deux églises bien distinctes, séparées par 75 km d’asphalte. La première, tout en bois, date de 1848 et fut joliment restaurée en 1979. Elle se situe à proximité du petit lac d’Apavatn, réputé pour la pêche à la truite. La seconde, faite de béton et de métal, date de 1965. Sa silhouette atypique avec son clocher effilé au possible ne peut laisser indifférent. Flanquée dans une nature à l’état brut, cette architecture détonne, c’est le moins qu’on puisse dire… Si vous êtes fan, nul besoin de parcourir des kilomètres et des kilomètres pour la visiter, nous sommes ici à moins de 15 km du centre de Reykjavík, sur la commune de Mosfellsbær (Nord-Est de Reykjavík).

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MOUETTE TRIDACTYLE
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Contrairement aux autres laridés, la mouette tridactyle (Rissa tridactyla) ne possède pas de doigt postérieur sur le tarse, d’où son nom. Il s’agit d’un oiseau essentiellement pélagique en hiver alors que la plupart des mouettes et goélands ne s’éloignent guère des côtes tout au long de l’année.
A peine plus grande qu’une mouette rieuse, la mouette tridactyle ressemble d’ailleurs plus à un goéland cendré (Larus canus) qu’à une mouette (à l’âge adulte du moins). Ses pattes sont cependant plus courtes et bien plus sombres que celles du goéland cendré et l’extrémité de ses ailes est toute noire et ne présente pas de tache blanche. Son dos est gris, sa tête et son dessous tout blanc, son bec entièrement jaune à l’âge adulte.

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Lors de la période de reproduction, les mouettes tridactyles gagnent les côtes pour y nicher le plus souvent en immenses colonies, parfois même au sein des villes côtières, directement sur les façades des bâtiments.

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Le nid, à l’équilibre sur une étroite corniche, est constitué de plumes, d’herbes et d’algues sèches liées par de la boue et des fientes (on a vu plus ragoûtant c’est vrai :)). Mâles et femelles participent à tour de rôle à l’incubation d’un à deux œufs (rarement trois) pendant quatre semaines environ. Pendant les quatre semaines suivantes, les petits resteront sur la corniche, sous l’œil vigilant des parents qui les nourriront pendant cinq à sept semaines au total.

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MÝRDALSSANDUR
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Vaste plaine austère à l’extrémité méridionale de l’île, flanquée entre les glaciers et l’océan, entre les falaises de Vik et les coulées de lave de la fissure éruptive d’Eldgjá. Façonnée par de nombreux jökulhlaups et les alluvions glaciaires successives charriées par la fonte du glacier Mýrdalsjökull tout proche, son nom signifie à juste titre sandur de la plaine du marais. A perte de vue s’étire une immensité minérale aussi désertique que plate, zébrée de petits cours d’eau dévalant la langue glaciaire du Kötlujökull pour s’évanouir dans les eaux poissonneuses de l’Atlantique Nord. Graviers, cailloux et champs de lave ponctuent cette étendue monotone pourtant si attirante, un rien fascinante. Ici encore, la force de Dame Nature impressionne, sidère ou stupéfie. Et la solitude, immense, qui vous envahit ici, vous transporte bientôt sur les rives de l’amour du pays des glaces…

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MÝVATN
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Voir aussi à Höfði.
On en a déjà beaucoup parlé depuis le début de cet alphabet et vous êtes désormais en terrain conquis sur ce beau petit lac :). Paradis des ornithos comme des amateurs de nature à l’état brut, il s’agit d’un endroit fascinant, parfois même intriguant. Avec ses rivages ponctués de collines et de pseudo-cratères verdoyants, ses petits îlots et innombrables blocs de basalte émergeant des eaux calmes infestées de moucherons (Mývatn signifie le lac aux moucherons en islandais), ses montagnes enneigées, ses coulées de lave et ses fumerolles en toile de fond, tout ici est question de contraste et de beauté sauvage.
Quelques chiffres pour se faire une idée de l’endroit, les photos feront le reste je l’espère 😉 :
Géographie :
- Latitude : 65° 35′ Nord
- Longitude : 16° 59′ Ouest
- Superficie : 36,5 km²
- Longueur : 9,5 km
- Largeur : 6,5 km
- Profondeur moyenne : 2,5 m
- Profondeur maximale : 4,5 m
- Altitude : 288 m
- Nombre d’îles et îlots : 50 environ
Géologie :
- Âge : 2300 ans environ
Climat :
- Précipitation annuelle : 400 mm (Mais pourquoi diable y pleut-il tout le temps quand j’y passe ? :))
- Température moyenne en janvier : -0,2 °C
- Température moyenne en juillet : 10,2 °C
Ecologie :
- Réserve naturelle depuis 1976
- Nombre d’espèces d’oiseaux déjà observées : 115
- Nombre d’espèces de canards déjà observées : 28
- Nombre d’espèces de canards nicheuses régulières : 14

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A mon père adoré, toi qui m’as transmis ton amour de la Nature, à jamais dans mon cœur, par monts et par vaux, derrière chaque chant d’oiseau, chaque bruissement de roseaux…
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